La
première impression que donne le tableau est celle de
la sensualité (entrelacement des corps
nus dans des positions et attitudes lascives), de la
mélancolie et du rêve.
Pour
décrire la scène, on nous parle souvent de "femmes
turques" ! Peut-on penser que ces blondes, ces rousses
soient toutes des femmes turques ? Ce tableau n'a pas été
peint avec des modèles posant devant lui, mais a été
rêvé, imaginé par Ingres d'après
des lectures (lettres de Lady
Montague qui raconte une visite d'un bain pour femmes à
Istanbul au début du XVIIIe siècle) ou des des estampes.
On
peut être sûr déjà que la joueuse
de luth (tchégour.), de dos au premier plan, n'est pas une femme
turque, mais une française, puisqu'il s'agit de la reprise
d'un tableau peint en 1808, la baigneuse Valpinçon.
On
sait qu'Ingres a repésenté d'anciens modèles,
mais aussi sa première femme, Madeleine Chapelle, que
l'on voit s'étirant les bras levés sur la tête,
au premier plan.
On
voit également Adèle Maizony de Lauréal, cousine de Madeleine,
qui représente la femme aux cheveux blonds dont on s'occupe
de la chevelure.
Sa
seconde épouse Delphine Ramel, est l'une des femmes du
groupe enlacé. La femme presque allongée à droite du
"Bain Turc" est une variation de "La Dormeuse de Naples" peinte
par Ingres.
Le
harem est une bonne occasion de réprésenter des
corps nus dont le vieil homme a sans doute le souvenir nostalgique.
Une facture orientaliste chère à l'époque,
et au peintre.
Cette
oeuvre a été commandée à Ingres
par le prince Louis
Napoléon Bonaparte vers 1849. Le tableau fut livré
en 1859. Ingres a alors 79 ans !
Ce
tableau est donc le chef d'oeuvre accompli d'une longue carrière
de peintre. Choquée par le tableau, la princesse Clothilde
(femme du cousin de Napoléon III),
parente dévote de celui qui est devenu Napoléon
III en 1852, pousse ce dernier à rendre le tableau !
Ingres
retravailla le tableau jusqu'en en 1863. Il a donc 83 ans, et
ce tableau résume une grande partie de sa carrière.
La
maîtrise que porte ce tableau enthousisma les peintres
les plus novateurs de l'époque où cette toile
fut présentée au public pour la première
fois : la rétrospective Ingres au salon d'automne de
1905.
Picasso fut émerveillé par cette toile, tout
aussi bien par sa forme que par le sujet.
Avertissement
Les peintures présentées
sont la propriété de leurs ayant-droits.
Il est nécessaire d'obtenir leur autorisation
pour toute utilisation commerciale.
D'autre part, une reproduction ne rend jamais
parfaitement la qualité et la réalité
d'un tableau. Les présentations qui vous
sont faites ici ont aussi pour but de vous donner
l'envie d'aller les voir dans les galeries d'art,
les musées l'atelier des peintres et/ou leur
site Internet !
Warning!
The paintings are under copyright for commercial
use
Le
bain turc d'Ingres 1859/1863 (Le Louvre
aile Sully 2e étage Ingres Salle 60 -110 cm)
L'essentiel
de ce qui focalise l'oeil (et où
se concentre la lumière) se trouve dans
le trapèze marqué en bleu : on y voit
la mélancolie, l'ennui, la lascivité et
la sensualité. On peut remarquer également
le triangle équilatéral allant de la tête
de la musicienne à celle de la femme debout à
droite, tressant les cheveux de la femme blonde, l'autre
côté du triangle aboutissant au visage
de la femme allongée au premier plan, à
droite, et dont on ne voit que la tête. Des pointes
du triangle, on peut faire passer un cercle (en
bleu) qui renferme en lui toute l'intensité
du tableau. N'oublions pas que le tableau a été
découpé pour former une toile circulaire
(tondo). L'original permettrait
d'inscrire toute la scène de premier plan dans
un triangle rectangle.